En bref
Un intérieur haussmannien se lit par son étage. Le deuxième, dit étage noble, a les plus hauts plafonds, de l’ordre de 3,2 m, et les moulures les plus ornées ; les étages supérieurs sont plus sobres. À l’entrée : pièces en enfilade, parquet en point de Hongrie ou à bâtons rompus, moulures et cheminée en marbre.
Une porte s’ouvre sur une enfilade, un parquet à chevrons, un plafond haut. Voici ce que l’étage change, ce que Haussmann a fixé, puis comment décorer sans écraser le volume.
Ce qui se voit en entrant : enfilade, parquet, moulures
L’appartement haussmannien se reconnaît d’abord à son plan. Les pièces à vivre et de réception sont en enfilade sur la rue ; les cuisines, les chambres et les pièces secondaires donnent sur la cour, selon la fiche de la BnF.
Au sol, un parquet en point de Hongrie ou à bâtons rompus. Aux murs et au plafond, des moulures décoratives, et dans les pièces principales une cheminée en marbre. La lumière entre par des fenêtres hautes, dans le prolongement des plafonds.
L’étage décide
| Niveau | Ce que la fiche dit | Ce que cela donne à voir |
|---|---|---|
| Entresol | Assez bas de plafond | Un volume réduit, pas celui de l’étage noble |
| 2e, étage noble | Balcons, enfilade sur la rue, plafonds les plus hauts, moulures les plus ornées | Le décor le plus riche, des plafonds autour de 3,2 m |
| 3e et 4e | Même style, ornements et encadrements plus sobres | Des moulures plus discrètes |
| 5e | Balcon filant, peu de décoration | Un décor réduit |
| 6e | Combles sous un toit de zinc à 45 degrés | Des pièces mansardées |
Les 3,2 m du deuxième étage viennent d’un site de vendeur ; la BnF indique seulement les plafonds les plus hauts. La cote se mesure chez soi, le mètre en main.
Ce que Haussmann a réglé
Georges-Eugène Haussmann, préfet de la Seine à partir de 1853, transforme Paris jusqu’en 1870. L’immeuble qui porte son nom obéit à de stricts règlements de voirie : lignes de balcons et de corniches qui se prolongent d’un immeuble à l’autre, au point de former une « rue-mur ».
La vidéo rappelle l’ampleur du chantier : 70 voies percées, 585 km d’égouts, 40 000 immeubles construits en moins de vingt ans. Le règlement de voirie encadre la façade, d’où des niveaux qui se répondent d’un immeuble à l’autre.
Décorer sans écraser
Le parti pris tient en une phrase : un salon haussmannien se décore par sa hauteur et sa lumière, pas par ses accessoires. Un plafond de 3,2 m accepte une grande pièce de mobilier et un luminaire suspendu ; il refuse une accumulation de petits objets qui le fait paraître vide au-dessus.
Qu’est-ce qui accroche votre regard en entrant : le plafond, la cheminée, la fenêtre ? La réponse désigne l’élément à mettre en valeur, les autres s’effacent.
Les moulures se repeignent, mais plusieurs couches successives les empâtent et font disparaître le relief. Des guides de rénovation conseillent aussi d’éviter un blanc trop froid sur un parquet ancien, dont le bois est chaud.
Avant de repeindre ou de poser
Le parquet d’origine est l’élément qui coûte le plus à remplacer : le parquet en point de Hongrie détaille ce qu’il faut regarder avant de le poncer. Pour le mur, choisir sa décoration par le mur donne la méthode.
Dans un immeuble en copropriété, la façade, les balcons et les parties communes relèvent du règlement de copropriété : un projet qui touche l’extérieur demande l’accord du syndic avant tout devis.
Sources
- BnF, Passerelles, fiche « À quoi reconnaît-on un immeuble haussmannien ? »
- Cité de l’architecture et du patrimoine, fiche Bricolarchi sur l’immeuble haussmannien
- Maison à côté, guide du style haussmannien

